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Yves Klein (1928-1962)

 

 

 

1928

Yves Klein est né à Nice le 28 avril, rue Verdi, dans la maison de ses grands-parents maternels. Son père, Fred Klein, hollandais d’origine indonésienne, est un peintre figuratif. Sa mère, née Marie Raymond, originaire des Alpes-Maritimes, est connue comme peintre abstrait.

 

 

 

1928-1946

Yves Klein suit ses parents dans leurs divers domiciles. La famille Klein vit à Paris, mais séjourne chaque été‚ à Cagnes-sur-Mer où habite Rose Raymond, la sœur de Marie Raymond. Constamment entouré, aidé, soutenu par sa tante, Yves voue à celle-ci une grande affection. À partir de l’été 1939 et jusqu’en 1943, les Klein sont à Cagnes-sur-Mer alors zone non occupée.

 

 

1947

Durant l’été, en s’inscrivant à Nice au club de judo du quartier général de la Police, Yves Klein fait la connaissance de Claude Pascal et d’Armand Fernandez. Réunis par un grand attrait pour l’exercice physique, ils aspirent tous les trois à l’" Aventure " du voyage, de la création, de la spiritualité. Le judo fut pour Yves la première expérience de l’espace " spirituel ".

Sur la plage de Nice, les trois amis choisissent de " se partager le monde " : À Armand revient la terre et ses richesses, à Claude Pascal l’air, et à Yves le ciel et son infini :

Alors que j’étais encore un adolescent, en 1946, j’allais signer mon nom de l’autre côté‚ du ciel durant un fantastique voyage réalistico-imaginaire ". Ce jour-là, alors que j’étais étendu sur la plage de Nice, je me mis à éprouver de la haine pour les oiseaux qui volaient de-ci, de-là, dans mon beau ciel bleu sans nuage, parce qu’ils essayaient de faire des trous dans la plus belle et la plus grande de mes œuvres.

(Yves Klein, Manifeste de l’Hôtel Chelsea, New York, 1961.)

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1947-1948

Yves Klein élabore le projet d’une Symphonie monoton-Silence, composition musicale à un seul ton, suivie d’un long silence, qui est l’équivalent sonore du monochrome en peinture.

Pendant cette période de condensation, je crée vers 1947-1948 une symphonie " Monoton " dont le thème est ce que je voulais que soit ma vie.

(Yves Klein, Le Dépassement de la problématique de l’art, Éditions de Montbliart, La Louvière, Belgique, 1959.)

 

 

 

1948

Un jour, (à la fin de 1947 ou au début de 1948), dit Claude Pascal, Yves arriva en disant " regardez, j’ai trouvé ". Il me montra La Cosmogonie des Rose-Croix. Nous avons essayé de lire le livre et découvert que, sans maître, on ne le comprendrait pas. Finalement, les deux jeunes gens trouvent en Louis Cadeaux, vieil astrologue, un initiateur à la doctrine hermétique de la Rose-Croix.

(Claude Pascal, cité dans Yves Klein, Centre Georges Pompidou, Paris, 1983.)

La Cosmogonie des Rose-Croix, de Max Heindel, devient un élément d’étude pour Klein. En juin, Yves Klein s’inscrit à la Société des Rose-Croix d’Oceanside en Californie pour une durée de trois ans environ.

 

 

 

1948-1954

Pendant l’été 1948, il visite l’Italie (Gênes, Portofino, Pise, Rome, Capri, Naples...).

En novembre 1948, il part pour onze mois de service militaire en Allemagne.

Fin 1949, Claude Pascal et Yves Klein s’installent provisoirement à Londres où ils poursuivent leurs activités de judo. Yves trouve un emploi chez l’encadreur Robert Savage, qui avait préparé l’exposition de Fred Klein à Londres en 1946. À cette époque, Yves crée quelques monochromes sur papier et sur carton en utilisant le pastel et la gouache. Le séjour chez Savage sera pour lui un apprentissage de la rigueur dans le travail. Yves pratique alors la dorure à la feuille d’or.

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1950

Le 4 avril, Yves Klein et Claude Pascal quittent Londres pour l’Irlande où ils s’installent jusqu’à la fin du mois d’août, dans un club d’équitation, le Jockey Hall. Klein consignera ses activités et ses réflexions sur la peinture dans un journal quotidien.

 

 

 

1951

Le 3 février, Yves Klein part pour Madrid afin d’y étudier l’espagnol. À l’origine, Claude Pascal et Yves avaient projeté un tour du monde initiatique. Des ennuis de santé empêchèrent Pascal de partir.

En Espagne, inscrit dans un club de judo, Klein remplace un moniteur et remplit dès lors cette fonction régulièrement. Il devient très proche du directeur de l’école Fernando Franco de Sarabia, dont le père est éditeur.

 

 

1952

Pendant l’été, il prend des contacts au Japon et, grâce à l’aide de sa tante, s’embarque pour Yokohama où il arrive le 23 septembre. Peu après, il s’installe à Tokyo et le 9 octobre, s’inscrit à l’Institut Kodokan, le plus prestigieux centre de judo. Il vit au Japon durant quinze mois, partageant son temps entre l’Institut et les leçons de français qu’il donne à des étudiants américains et japonais. Durant ce séjour, il prépare un livre sur le judo dans le but d’importer en Europe l’esprit et la technique des Katas japonais. Pendant l’année 1953, Yves résilie son adhésion à la Société des Rose-Croix d’Oceanside.

Peu avant son retour, il obtient le 4e dan de judo et accède ainsi au meilleur niveau européen.

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1954

De retour à Paris, il se heurte à la méfiance du milieu professionnel et institutionnel du Judo. Ses espoirs de diriger à terme la Fédération Française de Judo se soldent par un échec, malgré la publication en novembre de son livre Les Fondements du Judo aux Éditions Grasset. (Ce traité de judo est illustré de photographies montrant Yves Klein réalisant des Katas en compagnie d’autres judokas). Yves décide alors de quitter la France pour l’Espagne où l’appelle l’éditeur Fernando Franco de Sarabia.

Mai : Yves Klein publie Yves Peintures et Haguenault Peintures. Ces deux recueils de monochromes sont réalisés et édités par l’atelier de gravure de Fernando Franco de Sarabia, à Jaen, près de Madrid. La préface signée Pascal Claude est composée de lignes noires en place du texte. Les dix planches en couleurs sont constituées de rectangles unicolores découpés dans du papier et accompagnés de dimensions en millimètres. Chaque planche indique un lieu différent de création, Madrid, Nice, Tokyo, Paris. Haguenault Peintures porte des mentions de collections.

Ces deux ouvrages constituent le premier geste public d’Yves. Yves Peintures et Haguenault Peintures sont des œuvres d’art par lesquelles Yves Klein pose la question de l’illusion dans l’art.

Hier soir, mercredi, nous sommes allés dans un café d’abstraits [...], des abstraits étaient là. Ils sont facilement reconnaissables parce qu’ils dégagent une atmosphère de tableaux abstraits et puis on voit leurs tableaux dans leurs yeux. Peut-être ai-je des illusions, mais j’ai l’impression de voir tout cela. En tout cas nous sommes assis avec eux [...]. Puis on en est venu à parler du livre Yves Peintures. Plus tard, je suis allé le chercher dans la voiture et l’ai jeté sur la table. Aux premières pages déjà les yeux des abstraits changèrent. Leurs yeux s’allumèrent et dans le fond apparaissaient de belles et pures couleurs unies.

Journal parisien en date du 13 janvier 1955.

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1955

À la fin de 1954, Klein quitte l’Espagne pour Paris.

Au printemps 1955, il propose un monochrome orange intitulé Expression de l’univers de la couleur mine orange au Salon des Réalités Nouvelles qui est réservé aux artistes abstraits. De forme rectangulaire, ce panneau de bois est uniformément couvert de peinture orange mate. Il est signé du monogramme YK et daté de mai 1955.

Le monochrome est refusé par le jury qui explique à Marie Raymond les raisons de son choix :

Vous comprenez, ce n’est pas vraiment suffisant tout de même ; alors si Yves acceptait au moins d’ajouter une petite ligne, ou un point, ou même simplement une tache d’une autre couleur, nous pourrions l’accrocher, mais une seule couleur unie, non, non, vraiment ce n’est pas assez, c’est impossible !

(Yves Klein, L’Aventure monochrome, première partie, op. cit.)

Septembre : Yves Klein ouvre une école de judo au 104, boulevard de Clichy, à Paris. Dans la salle il accroche plusieurs monochromes.



15 octobre : première exposition publique Yves Peintures, au Club des Solitaires, dans les salons privés des Éditions Lacoste. Yves expose des monochromes de différentes couleurs. Il livre ses intentions dans un texte proposé aux visiteurs de l’exposition :

Après être passé par plusieurs périodes, mes recherches m’ont amené à peindre des tableaux unis monochromes. Mes toiles sont donc recouvertes par une ou plusieurs couches d’une seule couleur unie après une certaine préparation du support et par de multiples procédés techniques. Aucun dessin, aucune variation de teinte n’apparaît ; il n’y a que de la couleur bien UNIE. En quelque sorte la dominante envahit tout le tableau. Je cherche ainsi à individualiser la couleur, car j’en suis venu à penser qu’il y a un monde vivant de chaque couleur et j’exprime ces mondes. Mes tableaux représentent encore une idée d’unité absolue dans une parfaite sérénité ; idée abstraite représentée de façon abstraite, ce qui m’a fait me ranger du côté des peintres abstraits. Je signale tout de suite que les abstraits, eux, ne l’entendent pas ainsi et me reprochent entre autres choses de refuser de provoquer des rapports de couleurs. Je pense que la couleur " jaune ", par exemple, est bien suffisante en elle-même pour rendre une atmosphère et un climat " au-delà du pensable " ; de plus, les nuances du jaune sont infinies ce qui donne la possibilité‚ de l’interpréter de bien des façons.

Pour moi, chaque nuance d’une couleur est en quelque sorte un individu, un être qui n’est que de la même race de la couleur de base, mais qui possède bien un caractère et une âme personnelle différente.

Il y a des nuances douces, méchantes, violentes, majestueuses, vulgaires, calmes, etc. En somme, chaque nuance de chaque couleur est bien une " présence ", un être vivant, une force active qui naît et qui meurt après avoir vécu une sorte de drame de la vie des couleurs.

La pensée théorique de Yves Klein est déjà manifeste lors de cette première exposition. La rencontre essentielle avec Pierre Restany au Club des Solitaires sera un élément déterminant dans la carrière artistique d’Yves Klein comme dans celle de Pierre Restany.

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1956

21 février-7 mars : Exposition Yves, Propositions Monochromes, à la Galerie Colette Allendy, au 67, rue de l’Assomption, à Paris. Pierre Restany écrit un texte radical et provocant pour le carton d’invitation.

LA MINUTE DE VÉRITÉ • À tous les intoxiqués de la machine et de la grande ville, les frénétiques du rythme et les masturbés du réel, YVES propose une très enrichissante cure de silence asthénique • Bien au-delà des dévidages de mondes autres, déjà si peu perceptibles à notre sens commun du raisonnable, à côté sans doute de ce qu’il est convenu d’appeler " l’art de peindre ", au niveau en tout cas des plus pures et plus essentielles résonances affectives, se situent ces propositions rigoureusement monochromes : chacune d’entre elles délimite un champ visuel, un espace colore, débarrassé de toute transcription graphique et échappant ainsi à la durée, vouées à l’expression uniforme d’une certaine tonalité • Par-dessus le public-public, si commode miroir aux alouettes, les vieux habitués de l’informel se mettront d’accord sur la définition d’un " rien ", tentative insensée de vouloir élever à la puissance + la dramatique (et désormais classique) aventure du carré de Malévitch • Mais il n’y a précisément là ni carré noir ni fond blanc, et nous sommes au cœur du problème. L’agressivité de ces diverses propositions de couleur projetées hors des cimaises n’est qu’apparente • L’auteur requiert ici du spectateur cette intense et fondamentale minute de vérité, sans quoi toute poésie serait incommunicable, ses présentations sont strictement objectives, il a fui jusqu’au moindre prétexte d’intégration architecturale des espaces colores. On ne peut le suspecter d’aucune tentative de décoration murale • L’œil du lecteur, si terriblement contaminé par l’objet extérieur, échappant depuis peu à la tyrannie de la représentation, recherchera en vain l’instable et élémentaire vibration, signe auquel il s’est habitué à reconnaître la vie, essence et fin de toute création... Comme si la vie n’était que mouvement • On l’oblige enfin à saisir l’universel sans le secours du geste ou de la trace écrite, et je pose alors cette question : où, à quel degré d’évidence sensible se situe donc le spirituel dans l’art ? • L’omnisciente dialectique a-t-elle fait de nous des mécanismes de pensée, incapables de toute accommodation sincère ? En présence de ces phénomènes de pure contemplation, la réponse vous sera donnée par les quelques hommes de bonne volonté encore survivants. • Pierre Restany •



Durant le vernissage, Klein rencontre Marcel Barillon de Murat, chevalier de l’Ordre des Archers de Saint Sébastien, qui lui propose de se joindre à eux. Le 11 mars, Yves est adoubé chevalier de l’Ordre des Archers de Saint Sébastien en l’église de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. Il prend comme devise : Pour la couleur ! Contre la ligne et le dessin !

4-31 août : Klein participe, ainsi que Tinguely, au 1er Festival de l’Art d’avant garde, présenté à la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille (directeur Jacques Polieri, section arts plastiques organisée par Michel Ragon). Il expose un Monochrome rouge.

En 1956 Yves Klein fait la connaissance d’Iris Clert, qui animait une petite galerie de 20 m2, située au 3, rue des Beaux-Arts, à Paris.

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1957

2-12 janvier : début de l’Époque bleue.

Exposition Yves Klein : Proposte monocrome, epoca blu, à la Galerie Apollinaire à Milan. Onze œuvres de formats identiques (78 x 56 cm), peintes uniformément de bleu outremer, sont suspendues par un système d’équerres à une distance de 20 cm du mur, saturant l’espace restreint de cette galerie de petites dimensions. Les panneaux bleus n’étant pas encadrés, la couleur recouvrait les bords extérieurs du châssis. Pour la première fois, Klein présente une salle entière de monochromes bleus, dont l’un fut acquis par Lucio Fontana.

En mai 1957 Yves présente une exposition conjointe, Propositions monochromes, chez Iris Clert (10-25 mai), et Colette Allendy (14-23 mai).

Chez Iris Clert, Yves choisit de présenter ses Propositions monochromes comme il l’avait fait à Milan. L’avènement de L’Époque bleue est célébré par un lâcher de 1001 ballons bleus dans le ciel de Paris lors de l’inauguration. Klein qualifiera ce geste de Sculpture aérostatique.

Chez Colette Allendy, Yves présente un ensemble d’œuvres annonçant ses développements futurs : sculptures, environnement, bacs de pigment pur, paravent, la première peinture de feu, Feux de Bengale-tableau de feu bleu d’une minute (M 41) et le premier Immatériel : une salle a été laissée entièrement vide en témoignage de la présence de la sensibilité picturale à l’état matière première.

L’invitation commune aux deux expositions porte un texte de Pierre Restany et est affranchie avec un timbre bleu réalisé par Yves Klein.

La Galerie Schmela de Düsseldorf ouvre ses portes avec l’exposition Yves, Propositions monochromes le 31 mai 1957.

Yves Klein pose sa candidature pour la décoration de l’Opéra de Gelsenkirchen, dans la Ruhr, en Allemagne.

24 juin-13 juillet : exposition Monochrome Propositions of Yves Klein à la Gallery One de Londres. Le 26 juin au cours d’un débat organisé avec Klein et Restany à l’Institut of Contemporary Arts, une polémique prend des proportions imprévues. La presse anglaise se fait largement l’écho du scandale provoqué par l’exposition.

À Nice, durant l’été, Yves rencontre Rotraut Uecker, jeune artiste allemande qui deviendra son assistante, puis son épouse.

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1958

Janvier : Yves Klein obtient une importante commande pour la décoration du nouvel Opéra de Gelsenkirchen. Les travaux de construction dureront quarante mois. Il y retrouvera Norbert Kricke, Paul Dierkes, Robert Adams, Jean Tinguely, sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte Werner Ruhnau.

Au printemps, il s’installe à Paris au 14 rue Campagne-Première.

Avril : premier pèlerinage au monastère de Sainte Rita à Cascia en Italie.

26 avril : à 23 h a lieu un essai d’éclairage en bleu de l’Obélisque de la place de la Concorde en présence d’Iris Clert, d’Yves Klein et du chef de l’éclairage de la Ville de Paris. Le but de Klein est de compléter l’inauguration de sa future exposition chez Iris Clert, prévue deux jours plus tard, par l’éclairage du monument. L’autorisation sera en définitive refusée par le Préfet.

28 avril : vernissage de l’exposition La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée, Le Vide (époque pneumatique), à la Galerie Iris Clert.

5 juin : première expérimentation de la technique des " pinceaux vivants ", dans l’appartement de Robert Godet situé dans l’Ile Saint-Louis à Paris. Grand ami d’Yves Klein avec lequel il partage une réelle complicité intellectuelle, Robert Godet fut disciple de Gürdjieff, professeur de judo et philosophe occultiste. Lors de cette soirée, Yves enduit de peinture bleue le corps nu d’une jeune femme qui, par une série de mouvements de rotation, dépose ses empreintes corporelles sur un papier posé au sol, jusqu’à saturation du support. Il en résulte un monochrome bleu.

À l’automne, Yves se rend pour la seconde fois à Cascia, en compagnie de sa tante Rose, pour remercier sainte Rita d’avoir obtenu pour lui la commande de Gelsenkirchen. Il fait don d’un monochrome bleu au monastère.

Octobre : avec Rotraut, Yves travaille sur le chantier de Gelsenkirchen. C’est à cette époque qu’il prend pleinement conscience du potentiel sensible des éponges imprégnées de pigment bleu. En 1957 déjà, lors de l’exposition chez Colette Allendy, il avait présenté quelques éponges imprégnées et commenté‚ la finalité du procédé comme suit :

Les Sculptures-éponges

C’est à cette occasion là aussi que j’ai découvert l’éponge. En travaillant à mes tableaux dans mon atelier, j’utilisais parfois des éponges. Elles devenaient bleues très vite, évidemment ! Un jour je me suis aperçu de la beauté du bleu dans l’éponge ; cet instrument de travail est devenu matière première d’un seul coup pour moi. C’est cette extraordinaire faculté de l’éponge de s’imprégner de quoi que ce soit fluidique qui m’a séduit. Grâce aux éponges matière sauvage vivante, j’allais pouvoir faire les portraits des lecteurs de mes monochromes, qui, après avoir vu, après avoir voyagé dans le bleu de mes tableaux en reviennent totalement imprégnés en sensibilité‚ comme des éponges.

Yves Klein

À l’Opéra de Gelsenkirchen, conçu et décoré par une équipe internationale d’artistes et d’architectes, Klein crée six œuvres monumentales de toute première importance dans son œuvre : quatre Reliefs-éponges bleus d’une longueur de dix mètres (deux pour le long mur du foyer principal et deux pour le vestiaire du niveau inférieur) et deux monochromes bleus d’une longueur d’environ 7 mètres par 20 mètres destinés aux murs latéraux du foyer principal. Ces œuvres sont des reliefs de plâtre armé de fil de fer, recouverts d’éponges naturelles et peints au pistolet en bleu IKB.

17 novembre : vernissage de l’exposition en collaboration avec Jean Tinguely, Vitesse pure et stabilité monochrome, à la Galerie Iris Clert. Les deux artistes conçoivent des œuvres composées de disques métalliques recouverts d’IKB et animés par un moteur tournant à grande vitesse.

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1959

17 mars : Klein participe à l’exposition Vision in Motion au Hessenhuis d’Anvers.

Au printemps, Yves travaille avec l’architecte Claude Parent sur son projet de Fontaines d’eau et de feu ; il dessine un projet de sculpture aéromagnétique.

29 mai : Iris Clert présente une exposition intitulée Collaboration internationale entre artistes et architectes dans la réalisation du nouvel Opéra de Gelsenkirchen et montre dans sa galerie les maquettes du groupe qui a conçu cet Opéra : Werner Ruhnau, Norbert Kricke, Jean Tinguely, Paul Dierkes, Robert Adams et Yves Klein.

3 et 5 juin : Yves Klein donne une conférence à la Sorbonne intitulée L’évolution de l’art vers l’immatériel. Cette intervention est suivie de celle de Werner Ruhnau.

Je devais arriver dans mon évolution à une architecture de l’air, parce que seulement là, je peux enfin produire et stabiliser la sensibilité picturale à l’état matière première. Jusqu’à présent dans l’espace architectonique encore très précisé, je peins des tableaux monochromes dans une manière la plus éclairée possible ; la sensibilité couleur encore très matérielle doit être réduite à une sensibilité immatérielle plus pneumatique.

Werner Ruhnau, lui est sûr que l’architecture d’aujourd’hui est en chemin vers l’immatérialisation des villes de demain. Les toits suspendus et les constructions-tentes de Frei Otto et d’autres sont des pas importants faits dans cette direction. En utilisant l’air et les gaz et le son comme éléments d’architecture, ce développement peut être encore avancé.

Mes murs de feu, mes murs d’eau, sont avec les toits d’air, des matériaux pour construire une nouvelle architecture. Avec ces trois éléments classiques feu, air et eau, la ville de demain sera construite, elle sera enfin flexible, spirituelle et immatérielle.

(Yves Klein,conférence de la Sorbonne, Paris, 3 juin 1959.)

15-30 juin : exposition Bas-reliefs dans une forêt d’éponges, Galerie Iris Clert, Paris.

2-25 octobre : à la première Biennale de Paris, Pierre Restany présente un monochrome de grand format dans la sélection des œuvres proposées par le jury des jeunes critiques. Jean Tinguely, Raymond Hains, Jacques Mahé de la Villeglé et François Dufrêne font aussi partie de la sélection. C’est une étape essentielle de la formation du groupe des Nouveaux Réalistes.

16 octobre-22 novembre : Yves Klein participe à deux expositions en Allemagne Kunstsammler am Rhein und Ruhr : Malerei 1900-1959 au Städtisches Museum de Leverkusen et Dynamo 1 à la Galerie Renate Boukes, à Wiesbaden.

20 octobre - 7 novembre : Yves Klein est présent‚ dans l’exposition Works in Three Dimensions à la Galerie Leo Castelli à New York, avec Chamberlain, Folett, Giles, Johns, Kohn, Marisol, Rauschenberg et Scarpitta.

18 novembre : Yves Klein vend sa première Zone de Sensibilité Picturale Immatérielle à Peppino Palazzoli.

Le 7 décembre, il en vend une autre à Jacques Kugel, et à Paride Accetti, et le 8 décembre, à Alain Lemée.

15 décembre : inauguration de l’Opéra de Gelsenkirchen.

Décembre : Yves Klein publie en Belgique Le dépassement de la problématique de l’art, Éditions de Montbliart, La Louvière.

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1960

4 janvier-1er février : Klein participe à l’exposition La nouvelle conception artistique à la Galerie Azimut de Milan avec Breier, Castellani, Holweck, Mack, Manzoni et Mavignier.

Février : à l’exposition Antagonismes organisée par le musée des Arts décoratifs à Paris, il présente un Monogold frémissant et deux Zones de sensibilité picturale immatérielle.

Les Monogolds ont été réalisés entre 1960 et 1961, faisant intervenir l’or fin dans leur composition, matériau aussi précieux que symbolique. Certains Monogolds réunissent des séries de rectangles assemblés en grilles ; d’autres sont composés de feuilles d’or mobiles fixées sur un panneau recouvert d’or bruni et qui frémissent au moindre souffle ; enfin, certains sont des reliefs concaves dans lesquels les feuilles d’or couvrantes ont été soigneusement polies jusqu’à acquérir un réel pouvoir de réflexion.

23 février : à son domicile, Yves Klein réalise les empreintes de Rotraut et de Jacqueline qui déposent les traces bleues de leur corps sur une grande feuille de papier blanc fixée au mur en présence de Pierre Restany. L’œuvre est nommée par les participants Célébration d’une nouvelle Ère anthropométrique. Avec ces traces inscrites sur le support, Klein veut fixer dans leur fugacité les marques des " États-moments de la chair ".

9 mars : Anthropométries de l’Époque bleue, à la Galerie Internationale d’Art Contemporain, 253, rue Saint-Honoré à Paris. Sous la direction d’Yves Klein et pendant l’exécution de la Symphonie monoton, trois modèles nus s’enduisent de peinture bleue et apposent les empreintes de leur corps sur des papiers blancs, disposés sur les murs et le sol de la galerie. Une gestuelle complexe, mise en scène par Klein, anime les figures d’un étrange ballet, dans lequel les actrices se roulent ou se traînent par les mains sur le sol, sous les yeux de l’assistance. Le public, en habit de soirée, est nombreux, composé d’artistes, de collectionneurs, de critiques et après la performance, un débat général s’ouvre avec la participation de Georges Mathieu et de Pierre Restany.

Avril : Klein participe à l’exposition Les Nouveaux Réalistes à la Galerie Apollinaire, à Milan avec Arman, Hains, Dufrêne, Villeglé et Tinguely. Dans la préface du catalogue, Pierre Restany utilise pour la première fois le terme " Nouveau Réalisme " :

Que nous propose-t-on par ailleurs ? La passionnante aventure du réel perçu en soi et non à travers le prisme de la transcription conceptuelle ou imaginative. Quelle en est la marque ? L’introduction d’un relais sociologique au stade essentiel de la communication. La sociologie vient au secours de la conscience et du hasard, que ce soit au niveau du choix ou de la lacération de l’affiche, de l’allure d’un objet, d’une ordure de ménage ou d’un déchet de salon, du déchaînement de l’affectivité mécanique, de la diffusion de la sensibilité au-delà des limites logiques de sa perception...

Au stade, plus essentiel de son urgence, de la pleine expression affective et de la mise hors de soi de l’individu créateur, et à travers les apparences naturellement baroques de certaines expériences, nous nous acheminons vers un nouveau réalisme de la pure sensibilité. Voilà à tout le moins l’un des chemins de l’avenir.

(Pierre Restany, 16 avril 1960, préface pour l’exposition Les Nouveaux Réalistes, Galerie Apollinaire, Milan, mai 1960.)

19 mai : Klein dépose la formule du bleu qu’il a mise au point sous le nom International Klein Blue (IKB). La formule déposée par Yves Klein comprend un certain dosage de " Rhodopas MA ", d’alcool d’éthyle et d’acétate d’éthyle. En variant la concentration du pigment et le type de solvant, la peinture peut être appliquée au pinceau, au rouleau ou au pistolet.

Été : Yves Klein réalise les premières Cosmogonies à Cagnes-sur-Mer, marques d’Etats-moments de la nature. Un papier tendu et enduit de pigment pur, fixé sur le toit de sa Citroën, durant le voyage de Paris à Cagnes-sur-Mer, est soumise aux effets du vent, de la pluie, de la poussière. Après quelques heures de trajet, la peinture a subi l’érosion du temps et des éléments. Yves multiplie les œuvres de ce type en utilisant les traces des ajoncs de l’embouchure du Loup, les trempages dans l’eau préalablement bleuie de la rivière, etc.

11 octobre-13 novembre : Exposition Yves Klein le Monochrome, à la galerie Rive Droite, Paris, dirigée par Jean Larcade.

19 octobre : Yves Klein réalise Le Saut dans le vide, 3, rue Gentil-Bernard à Fontenay-aux-Roses, qui est photographié par Harry Shunk et John Kender. Plusieurs prises de vue sont effectuées. Une répétition du "saut" avait déjà eu lieu le 12 janvier de la même année chez Colette Allendy, rue de l’Assomption, à Paris.

27 octobre : Déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes au domicile d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, Paris.

Les signataires sont : Arman, Dufrêne, Hains, Yves Klein (Yves le Monochrome), Raysse, Spoerri, Tinguely et Villeglé. Sont absents César et Rotella. Neuf copies manuscrites de la main de Restany sont signées par les artistes présents et distribuées à chacun (sept sur papier monochrome bleu, une sur papier monochrome rose et une sur papier doré, les fonds sont préparés par Yves Klein).

28 octobre : Klein réunit Arman, Hains, Raysse, Restany et Tinguely afin de réaliser une Anthropométrie suaire collective. Par ce geste Klein intègre les Nouveaux Réalistes à son œuvre.

16 novembre-15 décembre : Troisième Festival de l’Art d’avant-garde, Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris (directeur Jacques Polieri). L’exposition d’arts plastiques ouvre, le 18 novembre, dans le pavillon américain (réalisation de Michel Ragon avec le concours de Pierre Restany et Daniel Spoerri, présentation de Claude Parent). Les deux œuvres d’Yves Klein, Ci-gît l’espace et l’Anthropométrie collective des Nouveaux Réalistes, sont endommagées par un acte de vandalisme.

Dimanche 27 novembre : dans le cadre des représentations théâtrales du festival, Yves Klein présente le Théâtre du vide, « une ultime forme de théâtre collectif qu’est un dimanche pour tout le monde ». Le même jour, il diffuse, dans quelques kiosques à journaux de Paris, Dimanche « le journal d’un seul jour », et il tient une conférence de presse à la galerie Rive Droite.

En présentant le dimanche 27 novembre 1960, de 0 heure à 24 heures, je présente donc une journée de fête, un véritable spectacle du vide, au point culminant de mes théories. Cependant, n’importe quel autre jour de la semaine aurait pu être utilisé. Le théâtre des opérations de cette conception du théâtre que je propose n’est pas seulement la ville, Paris, mais aussi la campagne, le désert, la montagne, le ciel même, et tout l’univers même, pourquoi pas ?

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1961

14 janvier-26 février : Exposition Yves Klein : Monochrome und Feuer, au Museum Haus Lange de Krefeld en Allemagne, à l’initiative du docteur Paul Wember directeur du musée de Krefeld. Yves Klein réalise là sa plus importante rétrospective. Il y expose des monochromes bleu, rose et or, les Dessins-architecture, le Mur de Feu, un espace immatériel Raum der Leere qui depuis fait partie de la collection permanente du musée. Le Mur de feu à l’extérieur, est composé de 50 brûleurs alignés en 5 rangées de 10. L’allumage des éléments, dans l’obscurité, est spectaculaire. Les rosaces en forme de marguerites montrent, si l’on s’en approche, les couleurs décomposées de la flamme : bleu, or et rose. Non loin du Mur, jaillit la flamme de La Sculpture de feu. Le 26 février, date de la fermeture de l’exposition, Klein réalise les premières Peintures de feu. Une large feuille de papier ou de carton est offerte aux flammes des becs Bunsen, et porte la marque des rosettes seules, ou des rosettes accompagnées de la trace de La Sculpture de feu.

Février : Yves Klein se rend à Cascia en Italie, pour déposer un ex-voto au monastère de Sainte-Rita. L’objet sera retrouvé en 1980 dans le dépôt des offrandes du monastère.

11-29 avril : exposition Yves Klein le Monochrome à la Galerie Leo Castelli, à New York. Yves et Rotraut s’installent pour deux mois à l’Hôtel Chelsea. Suite à l’incompréhension du public et des artistes, Yves rédige Le Manifeste de l’Hôtel Chelsea : Hôtel Chelsea, New York 1961.

17 mai-10 juin : Yves Klein participe à la première exposition de la Galerie J, à Paris, organisée par Pierre Restany : À quarante degrés au-dessus de Dada, les Nouveaux Réalistes, avec Arman, César, Hains, Tinguely, Villeglé, Dufrêne, Rotella et Spoerri. Restany publie un texte qui sera désapprouvé par Klein.

29 mai-24 juin : Exposition Yves Klein le Monochrome à la Dwan Gallery, à Los Angeles.

Le 30 juin, à la Galerie J, a lieu le vernissage de l’exposition de Niki de Saint-Phalle, Feu à volonté.

Juillet : exposition Le Nouveau Réalisme à Paris et à New York à la Galerie Rive Droite, à Paris.

13-14 juillet : Premier Festival du Nouveau Réalisme à Nice à la Galerie Muratore et à l’Abbaye de Roseland. Le festival dure jusqu’en septembre.

17-18 juillet : Yves Klein met en scène à Paris pour le cameraman Paolo Cavera des séances d’anthropométries destinées au film Mondo cane de Gualterio Jacopetti, l’année suivante, dans le cadre du Festival de Cannes.

18-19 juillet : Klein réalise plusieurs Peintures de feu au Centre d’Essais du Gaz de France.

8 octobre : Klein, Raysse et Hains déclarent le groupe des Nouveaux Réalistes dissout, à la suite du manifeste publié par Pierre Restany à l’occasion de l’exposition À quarante degrés au-dessus de Dada.

21 novembre : exposition Yves Klein le Monochrome : il nuovo realismo del colore, Galerie Apollinaire, Milan.



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1962

Dimanche 21 janvier : Yves Klein et Rotraut Uecker se marient en l’église Saint-Nicolas des Champs à Paris. Tout dans la cérémonie procède d’une mise en scène méticuleusement orchestrée par l’artiste lui-même, avec un réel souci du rituel. Le carton d’invitation est frappé aux armes d’Yves KIein (blason de champs bleu, bandes horizontales portant rose et abeille, symbole de la vie à travers l’amour et le travail). Le texte est imprimé dans les trois couleurs, bleu, or et rose. Une haie d’honneur composée des chevaliers de l’Ordre de Saint-Sébastien les accueille à leur sortie de l’église. La cérémonie est suivie d’une réception à la Coupole où l’on sert un cocktail bleu aux invités, puis dans l’atelier de Larry Rivers. Christo Javacheff commence le jour même l’immortalisation de l’événement sur la toile, mais le tableau, auquel participe Yves Klein, demeure à ce jour inachevé. Il y manque toujours l’éponge bleue prévue initialement.

Janvier-février : Klein commence les moulages en plâtre d’Arman, de Martial Raysse et de Claude Pascal, dans le but de réaliser les Portraits-reliefs des Nouveaux Réalistes. Yves Klein procède par moulage du corps jusqu’à hauteur des genoux. Il projette ensuite de couler ces sculptures en bronze et de pulvériser du pigment bleu sur l’intégralité de l’œuvre. Seul le Portrait-relief d’Arman sera entièrement achevé.

26 janvier : cession d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Dino Buzzati, à Paris.

4 février : cession d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Claude Pascal.

10 février : cession d’une Zone de sensibilité picturale immatérielle à Michael Blankfort, à Paris.

Mars : Klein exécute sa première grande série de Peintures de feu au Centre d’Essais du Gaz de France, La Plaine Saint-Denis, près de Paris.

Prolongement des Cosmogonies et des Anthropométries, les Peintures de feu sont la marque des " États-moments du feu ". Klein utilise un carton suédois renforcé qui a la particularité de brûler moins vite que le matériau proposé habituellement. De plus, il superpose à l’action de la flamme celle de l’eau coulant sur le support de telle sorte que l’empreinte du feu s’inscrit en produisant des traces de ruissellement.

1er mars : Klein réalise une Anthropométrie suaire, le Store poème, avec Arman, Claude Pascal et Pierre Restany à son domicile. L’œuvre réunit des Allures d’objets d’Arman, des Anthropométries de Klein, un poème en prose de Claude Pascal et un texte de Pierre Restany.

7 mars : à l’exposition Antagonismes II : l’objet au musée des Arts décoratifs de Paris, Klein présente des maquettes de l’Architecture de l’air et du Rocket pneumatique. Il s’agit d’une collaboration entre l’art et l’industrie telle que la conçoit Yves Klein. Roger Tallon apporte son aide à Yves pour l’élaboration du Rocket pneumatique et de la machinerie pour la maquette du toit d’air. Au-dessus d’un diorama où évoluent des personnages nus, des buses projettent une véritable lame d’air qui détourne la pluie simulée. La maquette du Rocket pneumatique est celle d’un objet mu par pulsation d’air, c’est un engin sans retour pour les consommateurs d’immatériel décidés à disparaître un jour dans le vide.



12 mai : au Festival de Cannes, Klein assiste à la projection de Mondo Cane. Il sort très humilié du portrait fait de lui, qui dénature sa démarche et son œuvre. À son insu, la séquence devant durer 20 minutes a été réduite à environ 5 minutes, La Symphonie monoton-Silence débute comme prévu sur un accord en ré majeur, puis se poursuit très vite par la bande sonore d’une mélodie quelconque. Les modèles enduits de bleu sont filmés selon une gestuelle lascive plutôt ridicule, sans aucun rapport avec la séance d’Anthropométries mise en scène par Klein. Yves présente, le soir même, les signes avant-coureurs de sa première crise cardiaque.

15 mai : vernissage de l’exposition Donner à voir à la Galerie Creuze, à Paris pour laquelle Pierre Restany a organisé une salle des Nouveaux Réalistes. Le Portrait-relief d’Arman y est exposé. KIein a de nouveau un malaise cardiaque.

6 juin à 18 heures : Yves Klein meurt à son domicile, 14, rue Campagne-Première à Paris.

Son fils Yves naît le 6 août, à Nice.

Yves Klein repose dans le petit cimetière de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes), aux côtés de Marie et Rose Raymond.

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